Pour aller plus loin
- Etudiez cette présentation globale du surréalisme par Alain Lewi : «Ce mouvement dépassa, pour notre émerveillement, tout ce que l'on pouvait attendre, tant il repoussa loin les frontières de l'univers poétique : celles de tous les arts et, d'abord, celles du langage, premier champ d'application de notre liberté et premier outil de recréation du monde. Mais les surréalistes ne se sont pas contentés d'emprunter les voies de l'art et de la littérature dont ils refusaient les règles convenues, les jeux et les mensonges. Plus engagés dans la quête du bonheur humain, ils ont voulu montrer l'homme dans sa totalité jusqu'alors trop méconnue, et, pour que cet homme nouveau puisse assurer son épanouissement, ils ont élargi leurs recherches et étendu leurs activités à la politique, convaincus qu'une nouvelle «déclaration des droits de l'homme» devait s'accompagner d'une nouvelle définition de la société. Enfin, sûr de la profonde noblesse de leurs choix, ils ont commencé, pour eux-mêmes, dans la plus grande des passions et dans la fureur souvent, la révolution de leur propre vie.» (Le Surréalisme, Pierre Bordas et fils, 1989.)
- « Le plagiat est la base de toutes les littératures, excepté de la première qui d'ailleurs est inconnue. » Jean Giraudoux, Siegfried, I, 6. Commentez cette citation.
- Évoquant «ces ressemblances dissimulées, involontaires » qui éclatent «sous des couleurs différentes entre les chefs-d'oeuvre distincts» du même compositeur, Marcel Proust se demande dans La Prisonnière (À la Recherche du temps perdu, Pléiade, t. III, p. 761-762) où le compositeur l'a appris, «entendu», «ce chant différent de celui des autres, semblable à tous les siens», et répond : «Chaque artiste semble ainsi comme le citoyen d'une patrie inconnue, oubliée de lui-même, différente de celle d'où viendra, appareillant pour la terre, un autre grand artiste [...] Cette patrie perdue, les musiciens ne se la rappellent pas, mais chacun d'eux reste toujours inconsciemment accordé en un certain unisson avec elle ; il délire de joie quand il chante selon sa patrie, la trahit parfois par amour de la gloire, mais alors en cherchant la gloire, il la fuit, et ce n'est qu'en la dédaignant qu'il la trouve quand il entonne, quel que soit le sujet qu'il traite, ce chant singulier dont la monotonie - car quel que soit le sujet traité, il reste identique à soi-même - prouve la fixité des éléments composants de son âme.» À la lumière de quelques exemples précis, vous essayerez de déterminer dans quelle mesure ces vues, appliquées aux grandes oeuvres poétiques (poétiques ne veut pas dire nécessairement écrites en vers), peuvent en féconder et renouveler l'étude et l'enseignement.
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