Pour aller plus loin
- Parlant des adultes, André Gide écrit dans les Nourritures Terrestres : Leur sagesse ? Ah ! leur sagesse, mieux vaut n 'en pas faire grand cas. Elle consiste à vivre le moins possible, se méfiant de tout, se garant. Il y a toujours dans leurs conseils je ne sais quoi de rassis, de stagnant. Ils sont comparables à certaines mères de famille qui abrutissent de recommandations leurs enfants : Ne te balance pas si fort, la corde va craquer ; ne te mets pas sous cet arbre, il va tonner ; ne marche pas où c'est mouillé, tu vas glisser ; ne t'assieds pas sur l'herbe, tu vas te tacher. A ton âge, tu devrais être plus raisonnable ; combien de fois faudra-t-il te le répéter ? On ne mets pas les coudes sur la table — Cet enfant est insupportable ! Ah ! Madame, pas tant que vous. Qu'en pensez-vous ? Donnez votre opinion au sujet des interdits lancés aux adolescents.
- Texte 1: «Les Membres et l'Estomac» , Fables (Livre III) , Jean de La Fontaine , 1668.
- Dans une de ses «Lettres à Angèle» (1898-1900), reprises dans Prétextes, André Gide conseille à un poète de se méfier d'«une idolâtrie grave, que certains enseignent aujourd'hui» et qui est «celle du peuple, de la foule». Et il ajoute un peu plus loin que «la communication (avec les foules) ne s'obtient que sur les points les plus communs, les plus grossiers et les plus vils. Sympathiser avec la foule, c'est déchoir». Et il s'objecte sans doute à lui-même qu'il y a des cas où la création artistique, par exemple au théâtre, ne se conçoit pas sans rapports avec la foule. Cependant même alors ce rapport ne doit pas être une soumission, mais une lutte : «La grande erreur de nos dramaturges modernes est de ne pas mépriser suffisamment leur public. Il ne faut pas chercher à l'acquérir, mais à le vaincre. Un duel, vous dis-je, et d'où le public sorte et battu, et content.» Vous étudierez ces idées sans vous en tenir nécessairement à la poésie ou au théâtre.
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