Pour aller plus loin
- Lettre à un premier commis, Voltaire
- Appréciez ce bilan du surréalisme : «Paradoxalement, il semble que la trop grande diffusion du surréalisme soit la cause de sa disparition historique. S'il est vrai que, depuis 1925, les journaux n'ont eu de cesse que d'annoncer la mort du surréalisme, ayant souci d'enterrer au plus vite ce qui les dérangeait, il faut convenir que le processus inverse, donnant le plus grand retentissement aux faits et gestes du surréalisme, a contribué à sa neutralisation. Assimilé, banalisé, le surréalisme se voyait contraint à la surenchère. Comme c'était le point le plus éloigné de sa morale, il préféra se dissoudre. Le processus était inévitable, à terme. Plus la société prêtait attention à ses interventions, plus elle le comprenait et plus elle se l'incorporait. Finalement, on peut affirmer, sans exagération aucune, que notre vision du monde est totalement informée par le surréalisme. Il suffit de regarder le cinéma, la publicité, les titres de certains romans (Françoise Sagan s'inspire d'Éluard) ou disques (Jean-Michel Jarre parodie Breton et Soupault) pour constater l'ampleur du phénomène. Les surréalistes ont voulu transformer le monde. S'ils n'y sont pas parvenus, du moins ont-ils réussi à changer la vision que nous en avons. Ils l'ont enrichie de leurs découvertes, touchant aussi bien aux profondeurs de l'inconscient qu'à l'intrusion du merveilleux dans la vie quotidienne. Un exemple parmi d'autres suffit à marquer l'importance de cet apport : le regard désormais porté sur les maladies mentales. En s'efforçant de forger un mythe nouveau, les surréalistes ont, nous l'avons vu, modifié les relations de la société contemporaine à l'égard de la femme et de l'enfant. Plaçant tous leurs espoirs en ces deux êtres, ils ont contribué à leur émancipation, au cours de ce siècle. Certes, ils n'ont pas à leur actif la création d'un mouvement organisé de libération, mais ils ont oeuvré en ce sens, préparant les mentalités aux revendications qui aujourd'hui se font jour.» (Henri Béhar et Michel Carassou, Le Surréalisme, Le Livre de Poche)
- Punir l'injustice commise vise-t-il a rendre les hommes plus juste ?
Créer un compte QCM de culture générale